Un film réalisé par Robin Campillo. Avec Adèle Haenel, Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois et Antoine Reinartz. Date de sortie en salle : 23 août 2017.

Robin Campillo a secoué le Festival de Cannes avec 120 battements par minute, qui suit le combat d’Act Up Paris au début des années 90, alors que l’épidémie du sida prend de grandes proportions.

Robin Campillo s’est révélé en 2004 avec Les Revenants avant de réaliser en 2007 Eastern Boys. Pour son troisième long métrage, le voici en compétition à Cannes avec un sujet qui lui tient particulièrement à cœur. En effet, il a été lui-même militant du groupe d’activistes Act Up au début des années 90. On suit donc au plus près la vie de celui-ci et son organisation, ses actions et sa détermination. Au sein de ce groupe,  le nouvel arrivant Nathan va être attiré par Sean, le plus radical de la bande.

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Il n’est jamais simple de faire un film autour du sida en évitant de tomber dans la caricature ou dans la noirceur lourde et maladroite. C’est d’autant plus difficile de prendre de la distance par rapport au sujet lorsque l’on a été partie prenante comme l’a été Robin Campillo. Pourtant son film n’en rajoute jamais dans le misérabilisme et conte au contraire avec une grande justesse la vie au sein d’Act Up et le destin tragique des séropositifs. Sur une durée de 2h20 permettant au réalisateur de nous donner un aperçu large de tout ce qu’il souhaite traiter, 120 battements par minute happe rapidement son spectateur en le plongeant au cœur de l’action du groupe dès l’introduction du film. On y suit en détail les réunions du groupe où la parole est libre et où les actions s’organisent. Tout y est fiévreux, engagé mais aussi parfois drôle et met en valeur ces « combattants » de lutte pour attirer l’attention sur un fléau alors pas assez médiatisé. Le film parvient très bien à raconter l’histoire collective autant que l’histoire plus intime qui va rapprocher Nathan et Sean, séropositif dont l’état se dégrade de plus en plus vite, se trouvant être le plus radical du groupe dans ses prises de paroles. Cette relation est montrée avec autant de tact que de gravité et nous transporte à travers ses difficultés. 120 battements par minute parvient à réaliser un mélange captivant qui alterne le festif et le grave sans que cela ne fasse jamais mauvais collage et en faisant preuve d’un sens de la mise en scène d’une grande modernité, la plupart du temps dans un grand dynamisme, au plus près de ses protagonistes. Le film est par ailleurs parfaitement servi par une ribambelle de très bons acteurs parmi lesquels la toujours écorchée Adèle Haenel ou encore le fantastique Nahuel Perez Biscayart.

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Véritable choc du Festival de Cannes, 120 battements par minute emporte ses spectateurs au plus près de l’action d’Act Up dans un film à la fois fiévreux, grave, drôle et engagé.

9/10

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Un film réalisé par Robin Campillo. Avec Adèle Haenel, Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois et Antoine Reinartz. Date de sortie en salle : 23 août 2017.Robin Campillo a secoué le Festival de Cannes avec 120 battements par minute, qui suit le combat d'Act Up Paris au début des années...
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