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[Cannes 2018 – Compétition] [Critique] Un Couteau dans le coeur

Cinq ans après Les rencontres d’après-minuit passé à la Semaine de Critique, Yann Gonzalez revient au Festival de Cannes en 2018 avec son nouveau film Un Couteau dans le cœur, cette fois-ci en sélection officielle et en compétition. On y suit Anne, productrice de films pornos gays à la fin des années 70, dont la relation avec sa compagne et monteuse bat de l’aile. Alors qu’elle essaye de la relancer tout comme elle tente de donner un second souffle à son entreprise, un tueur commence à décimer son équipe d’acteurs les uns après les autres avec des mises à morts atroces. Comme la police ne semble pas très concernée par l’affaire, Anne va enquêter pour découvrir l’identité du coupable. Étonnant et un peu désarçonnant de prime abord, Un Couteau dans le cœur s’envisage comme un thriller qui prend rapidement des atours de sympathique slasher gay, rendant autant hommage au genre du giallo qu’il ne verse dans la franche comédie. Ne reculant pas devant quelques scènes explicite, il arbore une esthétique travaillée dont l’application peut paraître à la limite du maniérisme, ce qui limite un peu l’impact du film et peut donner parfois l’impression de tourner à l’exercice de style. Yann Gonzalez porte un vrai regard bienveillant sur ce milieu du porno gay et ses productions kitchs aux dialogues délectables. Les acteurs de la bande s’en donnent d’ailleurs à cœur joie dans le jeu outrancier, Nicolas Maury en tête dans le rôle de l’assistant-réalisateur d’une Vanessa Paradis impliquée, parfaite dans son rôle. Si la romance entre les deux femmes n’est pas d’une intensité folle, le soin apporté à la mise en scène et le bel emballage sonore offert par la musique de M83 en font une série B agréable qui ne prétend pas atteindre les sommets mais se laisse siroter pour peu qu’on soit réceptif au genre.

7/10

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