Le jeune réalisateur égyptien Abu Bakr Shawky a eu les honneurs d’une sélection en compétition au Festival de Cannes. Une distinction déjà forte pour un premier long métrage sympathique à défaut d’être exceptionnel. En transportant son spectateur sur 1h30 aux côtés d’un lépreux en recherche de son ascendance, il livre un road-trip plaisant et empli d’humanité, mais peut-être un peu trop stéréotypé feel good movie pour se démarquer. On peut presque étrangement penser au genre de cinéma indépendant américain que l’on voit plutôt du côté du Festival de Sundance, Shawky en ayant éventuellement reçu les influences. En résulte une recette efficace qui fait plutôt bien son office. En premier lieu les acteurs, qui s’avèrent être ici pour la plupart non professionnels, sont épatants. Rady Gamal, qui tient le rôle principal, marque indubitablement les esprits et arbore un jeu naturel et réaliste fatalement désarmant. Les péripéties s’enchaînent bon train, le rythme est vraiment bien étudié et l’ennui n’a pas le temps de prendre sa place. Le film nous embarque facilement dans cette histoire articulée autour de l’acceptation des différences, à commencer par les siennes, tout comme l’obligation de se protéger de la cruauté du monde extérieur s’avère quasi-incontournable. Yomeddine s’avère d’ailleurs bien enrobé par une musique solaire et entraînante signée Omar Fadel, qui maintient habilement le spectateur dans une atmosphère proche de celle du conte. Mais le film n’atteint pas les sommets à cause de certains défauts inhérents aux premiers films. Son scénario est un peu trop linéaire et téléguidé, sans surprise notable, et défile ainsi d’un point A à un point B sans anicroches, de telles sorte qu’on subodore un peu en amont les événements à venir. Il peut paraître sévère de dire que le message global du film est gentiment naïf, même si cela n’a rien de grandement péjoratif. Son traitement du handicap et de la maladie apparaît même suffisamment sincère pour que l’on ressorte du film le sourire aux lèvres, malgré le fait qu’il n’apporte pourtant rien de fondamental à ces thèmes. Et c’est peut-être finalement sa réussite.

7/10

http://planete-cine.com/wp-content/uploads/2018/05/yomeddine-2-1024x576.jpghttp://planete-cine.com/wp-content/uploads/2018/05/yomeddine-2-300x300.jpgCyril PerraudatCritiquesFestival de Cannes 2018
Le jeune réalisateur égyptien Abu Bakr Shawky a eu les honneurs d'une sélection en compétition au Festival de Cannes. Une distinction déjà forte pour un premier long métrage sympathique à défaut d'être exceptionnel. En transportant son spectateur sur 1h30 aux côtés d'un lépreux en recherche de son ascendance, il...
Partagez !