guy

[Cannes 2018 – Semaine de la Critique] [Critique] Guy

Trois ans après Le Talent de mes amis, Alex Lutz livre son second film, sélectionné en clôture de La Semaine de la Critique au Festival de Cannes. Il nous propose ici un faux documentaire au sein duquel il est lui-même grimé en vieux chanteur populaire à la gloire passée, nommé Guy Jamet. Un jeune homme vient tourner un documentaire sur lui, motivé par les mots de sa mère lui ayant dit que celui-ci serait son géniteur. L’acteur-réalisateur Alex Lutz donne ici de sa personne devant la caméra, incarnant cet artiste au crépuscule de sa carrière avec justesse, corrigeant sa voie pour se donner un ton plus grave et bénéficiant d’un maquillage appliqué qui en font un personnage crédible à l’écran. Si Guy peut parfois donner le sentiment d’être uniquement fait pour faire briller son interprète principal, il faut avouer que celui-ci parvient à entrer dans l’enveloppe de ce Guy Jamet avec justesse. L’aspect documentaire du du film est soigné, avec une prise de vue caméra au poing mais jamais brouillonne. Alex Lutz y insère de nombreux faux clips musicaux de l’époque des yéyés au format 4/3 et avec le grain qui va bien pour conférer un véritable charme à l’ancienne à son métrage. Il a même fait appel aux compositeurs Vincent Blanchard et Romain Greffe afin de confectionner des chansons fictives totalement crédibles qui aident à l’immersion. Celle-ci est d’autant plus aidé par l’apparition à l’écran de nombreuses personnalités du show-biz actuel (chanteurs, animateurs TV ou radio) qui donnent du ciment à la vie d’artiste de renom relatée ici. S’il traite bien sûr d’amour filial à travers ce jeune homme filmant son supposé père sur paroles de sa mère, Guy traite de beaucoup d’autres choses à travers son personnage principal et le fait plutôt bien. Ce vieil homme, capable de débiter certaines punchlines parfois bien senties, s’avère touchant. Le film évoque à travers lui, avec nostalgie et sincère bienveillance, le destin de ces anciennes gloires. On y traite alors du temps qui passe, des souvenirs, de la vieillesse, de l’aigreur ainsi que l’infini mélancolie d’un temps révolu. Alex Lutz prend donc quasiment toute la lumière face caméra mais laisse tout de même exister Pascale Arbillot dans le rôle de la fille du héros, actrice de série TV, et Nicole Calfan en attachée de presse aux petits soins.

6/10

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