Les films sur le milieu de la prostitution masculine ne sont pas légions et c’est sur ce thème que Camille Vidal-Naquet a choisi de livrer son premier métrage. Mais il est aussi au-delà le portrait d’un personnage singulier qui a choisi de se vendre dans la rue contre des passes. On va suivre ce jeune homme dans ses pérégrinations vibrantes et parfois violentes, lui qui au fond ne recherche que de l’amour et de la tendresse à travers ses actes. En effet, dans la bande qu’il côtoie, il est le seul à accepter d’embrasser ses clients, toujours en quête de chaleur humaine et de marques d’affection fugaces dans son mode de vie si particulier. Tout ce besoin d’empathie est résumé lors d’une scène poignante car d’une infinité simplicité où il enlace le médecin en train de l’examiner, pour une séquence instantanément désarmante. Sauvage évite l’écueil de ne présenter la prostitution que sous un angle majoritairement glauque et fait preuve d’un très bon traitement de ses personnages, chacun ayant un caractère propre tandis que son héros, Léo, est traité avec tact. Le film nous fait ressentir ce sentiment d’urgence qui l’anime. Celui de consumer la vie dans sa condition de « sauvage » comme l’énonce le titre, de vivre comme un électron libre malgré les risques que cela induit et de ne pas choisir le confort qui peut s’offrir à lui. Il est un marginal assumé prêt à accepter les conséquences de ses actes. Sauvage s’apprécie également comme un film sans fard et sans filtre sur ce qu’est la prostitution masculine. A travers des scènes crues proches du porno soft, on peut y voir les maltraitances sado maso d’un couple de punk mais aussi la sexualité d’un handicapé ou le simple accompagnement d’une personne âgée pour réchauffer sa nuit solitaire. Ceci permet de mettre en lumière le rôle social parfois controversé des prostitués, valable au masculin comme au féminin. La force de Sauvage est grandement concentrée dans la prestation de Felix Maritaud, déjà vu dans 120 battements par minute. A travers l’incarnation fiévreuse de ce personnage à fleur de peau, il nous donne à voir un récit aussi brutal que poétique, bien emballé par la mise en scène soignée et fluide de Camille Vidal-Naquet, qui ne le lâche pas d’une semelle.

8/10

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Les films sur le milieu de la prostitution masculine ne sont pas légions et c'est sur ce thème que Camille Vidal-Naquet a choisi de livrer son premier métrage. Mais il est aussi au-delà le portrait d'un personnage singulier qui a choisi de se vendre dans la rue contre des...
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