[Critique] La Bataille de la Montagne du Tigre

Share

La Bataille de la Montagne du TigreUn film de Tsui Hark. Avec Zhang Hanyu, Lin Gengxin, Tong Lyia, Tony Leung Ka-Fai et Yu Nan. Date de sortie en salles : 17 juin 2015.

Abandonnant pour un temps ses films à portées politiques, le célèbre réalisateur hong-kongais adapte une histoire épique tirée d’un livre de 1957 de Qu Bo, « Tracks in the Snowing Forest » (qui fut également adapté en opéra à Pékin dans les années 60) et rend hommage aux héros oubliés par l’Histoire. Brillantissime !

Plus de trente-cinq ans après ses débuts au cinéma avec Butterfly Murders en 1979, le fameux réalisateur et producteur Tsui Hark qui reste l’un des pionniers de la Nouvelle Vague du cinéma de Hong Kong, réalise avec La Bataille de la Montagne du Tigre l’un de ses films les plus fous, amples et coûteux. En effet, pour conter ce récit d’une unité de Libération du Parti Communiste (l’Unité 203) qui après la capitulation japonaise en 1946 tente de faire face au bandit le plus redouté du nord-est du pays, le terrible Hawk (interprété par un Tony Leung à peine reconnaissable), Tsui Hark a bénéficié du plus gros budget de sa carrière. Et il n’est rien de dire que cela se voit à l’écran tant son nouveau film est excessivement dingue, parfois foutraque mais toujours parfaitement maitrisé du point de vue artistique. Son univers, démesuré fait d’action frénétique et d’intrigues aux multiples rebondissements étant mis en valeur par une 3D, cette fois-ci particulièrement bien travaillée, le métrage s’avère une « petite merveille » visuelle.

la-bataille-de-la-montagne-du-tigre
Par ailleurs, comme il en a l’habitude (et ce malgré une exposition des personnages et enjeux, peut-être un peu longue), Tsui Hark laisse peu de répit aux spectateurs, une fois que son action déboule sans crier gare. L’infiltration du malin officier de reconnaissance Yang dans la forteresse imprenable de Hawk sur la Montagne du tigre, sonne ainsi le départ d’une folle épopée héroïque dans laquelle brillent certaines scènes déjà cultes dont celle de la bataille avec le tigre, bluffante et splendide, qui est probablement la plus marquante d’un film où se succèdent intrigues, fusillades et assauts à la mitrailleuse.

En grand maitre du cinéma d’action oriental, le réalisateur chinois n’en omet pas moins de doubler les niveaux de lecture de son récit. Ainsi, via le personnage d’un étudiant qui, après avoir vu l’opéra inspiré de l’œuvre de Qu Bo à la télévision, se met à imaginer comment s’est déployée la bataille dont il est question dans le titre (ce qui constitue d’ailleurs le déroulement même du film),  transparait une réflexion sur la véracité des récits historiques. « Qu’importe ce qui s’est passé en réalité »  semble dire Tsui Hark, ça ne remet pas en question les valeurs, le courage et le dévouement dont ont fait preuve, en 1946, les soldats de l’Armée de Libération du Parti Communiste. Et ce qui compte avant tout, c’est bien la folie et la brillance dont doit faire preuve la reconstitution imaginaire d’un évènement. Dont acte.

 
Loin d’être un réquisitoire politique, La Bataille de la Montagne du Tigre est, grâce à son scénario inventif, son univers visuel magistral et son action impressionnante, un grand divertissement populaire dont les 2h20 passent à une vitesse inouïe.

8/10

 Christophe Hachez

Partagez !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *