Chair de Poule

Un film réalisé par Peter Berg. Avec Mark Wahlberg, Kurt Russell, John Malkovich, Dylan O’Bryen, Gina Rodriguez et Kate Hudson. Date de sortie : 12 octobre 2016.

Deepwater reprend l’histoire vraie de la catastrophe étant survenue le 20 avril 2010 sur la station pétrolière Deepwater Horizon. Un véritable fiasco écologique ayant déversé plus de 800 millions de litres de pétrole dans l’océan. Peter Berg décide de reprendre sous trait de film catastrophe cet événement. Mais qu’en est-il du résultat ? Est-ce un simple film catastrophe ? Ou va-t-il plus loin que le simple blockbuster Hollywoodien classique ?

Deepwater suit l’histoire de Mike Williams, électricien en chef sur la plate-forme Deepwater Horizon. Père de famille, il quitte sa femme et sa fille pour une nouvelle mission sur la station pétrolière. Suite à son arrivé avec son équipe et son patron Jimmy Harrell, ils noteront que tous les tests sur le ciment n’ont pas été effectué dû à un retard sur le planning. De ce fait, lorsque la société locataire de la plate-forme (à savoir BP), dirigée par Donald Vidrine, décide d’accélérer le processus afin d’extirper continuellement les 800 millions de litres disponible sous-terre, Jimmy Harrell et sa large équipe d’Hommes compétents tente de le résonner afin de prendre plus de temps. Évidemment, lorsque la société décide contre le gré des techniciens de lancer l’extraction, malgré leurs avertissements et les tests de pressions négatifs peu probants, une remontée de boue et de pétrole jaillit du puits de la station, mettant l’équipe entière dos au mur face à un cataclysme sans précédent. Désormais sur une bombe à retardement, Mike Williams doit user de tout son courage afin de sauver un maximum de ses coéquipiers avant la fin de la station.

Annoncé comme ceci, le film pourrait clairement être classifié dans la catégorie des films catastrophes classiques. Aux côtés de films tels que En Pleine Tempête, Poseidon, 2012, Le Jour d’Après, San Andreas, etc. Oui car tous ces films ont une chose en commun, une histoire banale, pour des événements extraordinaires. Calibrée à la minute près, un scénario prévisible où la famille est au cœur, émotions de mise, entraides et parfois patriotisme. L’exemple de Titanic n’est pas cité me direz-vous ? Oui, simplement parce que Titanic serait bel et bien un film catastrophe, mais à la différence prêt où il est tiré de faits réels, avec une histoire romancée… Le Titanic a réellement sombré en 1912, là où 2012 ne s’est pas produit.

Deepwater se classifierait donc dans ce dernier cas, à savoir un film catastrophe tiré de faits réels… Et cela change tout oui.

deepwater

Pourquoi cela change-t-il des autres films ? Tout simplement parce qu’on entre réellement dedans. Là où un San Andreas était ennuyant, ne véhiculait aucune idée claire et où les personnages n’était pas attachant pour un sou, Deepwater les prend à contre-pieds.

Tout d’abord, le cataclysme produit par ce fiasco a fait le tour du monde. La plus grosse marée noire jamais connue dans l’histoire des Etats-Unis qui a prouvé encore une fois la bêtise humaine dans le seul but de s’enrichir. De ce fait, chacun de nous connaît déjà cette histoire, et donc son dénouement. Mais Peter Berg ne choisit pas d’en faire un film où seule la station Deepwater Horizon serait le personnage ; il choisit aussi de montrer les Hommes derrière cette acte et ceux qui ont tout fait pour la sauver. Le film serait à mi-chemin entre le blockbuster Hollywoodien et le film documentaire, ce qui est une excellente chose.

Les 50 premières minutes sont consacrées au développement du personnage de Mike Williams, de son arrivé sur la station, et de chacun des techniciens de celle-ci. Nous sommes donc intégré au récit, au cœur de la station avec les personnages. Et de ce fait, on s’attache à eux et leurs histoires personnelles, nous véhiculant de véritables émotions. Une part importante du film expose la menace d’une station pétrolière et des enjeux de celle-ci, si le travail est mal fait. Mais la compétence ne fait pas le poids face aux décisionnaires. On retrouve un John Malkovich parfait dans le rôle du patron sans foi, ni loi, se croyant plus fort que la nature pour faire profit. La seconde partie du film sera consacrée à l’explosion de la station et des actes de bravoures des Hommes pour se sauver de celle-ci. Ce n’est finalement qu’une mineure partie du film, rendant l’action bien plus concentrée et frénétique que les films habituels du genre, ce qui le rend visuellement impressionnant.

Puisque nous parlons technique, Peter Berg dessine une magnifique fresque de cette épopée héroïque de ces techniciens au bout de leur vie qui ne cherchent qu’à survivre. Que ce soit pré-accident ou post-accident, chacun des visuels est travaillé pour rendre chaque éléments du décor (notamment la station), titanesque, remettant l’Homme à sa place, ridiculement petit.

Bien évidemment, le film est aidé par une bonne direction artistique avec des effets spéciaux dignes des meilleurs films de ces derniers temps (mention particulière aux explosions hyper réalistes). Les bruitages sonores viennent aider à l’immersion du spectateur.

La bande sonore, composée par Steve Jablonsky, s’en sort honorablement. Le compositeur ne réalise pas là sa meilleure prestation, mais en fait assez pour nous plonger au cœur de l’action et nous donner des frissons aux moments propices (cf. Burn or Jump tirée de l’OST).

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Que serait un bon film sans de bons acteurs ? Le cinéaste use parfaitement de ses acteurs pour nous faire vivre et ressentir le moment. Mark Wahlberg, habitué des films catastrophes, nous offre une excellente prestation. Comme dit plus haut, John Malkovich, en méchant patron, nous fait réellement sentir la stupidité humaine et Kurt Russell, excellent acteur qu’il est, nous montre la puissance et l’héroïsme du chef de troupe malgré la catastrophe et l’ampleur de la dangerosité en gardant un calme absolu.

N’y allons pas par quatre chemins, Deepwater est un très bon film. Il n’est pas parfait, non pas exempt de défauts, mais il est assez bien construit dans sa structure, dans sa montée crescendo, dans les messages qu’il cherchent à véhiculer pour en faire un très bon film de ce genre. Il ne se concentre pas juste sur le personnage qu’est la station, mais aussi sur l’humanité face à se désastre et surtout sur les conséquence écologiques de cet acte. Il nous montre la stupidité humaine qui ne cherche qu’à s’enrichir pour finalement provoquer la chute de la nature. Peter Berg prend réellement le parti pris d’en faire un film écologique et nous montre les conséquences sur la faune environnementale.

Peter Berg possède une filmographie variée, composée de quelques bons films, mais aussi de films oubliables. Après un Hancock sympathique mais sans réel valeur, un Battleship plus que regrettable, mais un bon Du sang et des larmes, Peter Berg revient en force avec Deepwater et cela prouve que le réalisateur en a sous le pied. Lorsqu’il traite un sujet qui lui tient réellement à cœur, il en sort de son chapeau un produit abouti très intéressant. Deepwater est une réelle œuvre, un hymne à la nature, tel Titanic à son époque. Très certainement un film à voir.

8/10

 
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Un film réalisé par Peter Berg. Avec Mark Wahlberg, Kurt Russell, John Malkovich, Dylan O'Bryen, Gina Rodriguez et Kate Hudson. Date de sortie : 12 octobre 2016.Deepwater reprend l'histoire vraie de la catastrophe étant survenue le 20 avril 2010 sur la station pétrolière Deepwater Horizon. Un véritable fiasco écologique ayant...
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