Chair de Poule

Un film réalisé par James Mangold. Avec Hugh Jackman, Patrick Stewart, Boyd Holdbrook, Stephen Merchant et Dafne Keen. Date de sortie en salle : 01 mars 2017.

Après une première trilogie X-men en dent de scie, dont un final raté ; un reboot de la timeline avec X-men : Le Commencement qui a démarré une nouvelle trilogie, des spin-off sur Wolverine, Deadpool et pas moins de 6 réalisateurs différents ; les adaptations des X-men au cinéma sont multiples. Chacun ayant apporté sa vision, tout cela prête forcément à confusion dans les événements, au point d’être ironisé dans Deadpool. James Mangold revient après Wolverine : Le combat de l’immortel pour faire LOGAN. Est-ce le film de super-héros que tout le monde attendait ? Ou est-ce plus ?

Cette fois-ci, adieu Bryan Singer pour ses adaptations toujours en demi-teinte, car James Mangold revient dans cet univers pour adapter ce qui est dit comme l’ultime épisode de Hugh Jackman en Wolverine.

LOGAN suit l’histoire d’un Wolverine âgé, dépassé par les événements du temps où tous les mutants, la famille qu’il a connu, sont morts. Ne reste plus que Wolverine, un mutant albinos capable de repérer des mutants, et un Charles Xavier qui a sombré dans la folie. Tandis que Logan tente de vivre une vie discrète dans un monde où les super-héros sont devenus des personnages fantastiques, une femme lui demandera de l’aide pour conduire une jeune fille dans un lieu sûr nommé Eden. Logan découvrira qu’elle est une mutante, comme lui, fabriquée par une société cherchant à contrôler et créer de nouveaux mutants. Ainsi démarre un long voyage sanglant et brutal…

James Mangold est un réalisateur a deux facettes, capable d’enchaîner bon films et films très moyens. Déjà habitué aux films d’actions Hollywoodiens avec un Night and Day passable, puis Wolverine : Le Combat de l’Immortel qui, sans être mauvais, n’est pas non plus l’un des meilleurs films de super-héros fait ; cette fois, il décide de mettre un terme à la saga Wolverine avec un film plus sombre, plus violent.

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Inspiré du comic Old Man Logan, James Mangold est à l’écriture du scénario pour ce dernier épisode. Un scénario qui n’offrira ni grands rebondissements, ni surprises, puisque tout ce qui vient à l’écran est à moitié prévisible. D’une durée de 2h23, LOGAN souffrira de quelques longueurs ici et là pour tenter d’amener des explications sur son univers, qui resteront malgré tout flou, puisque le réalisateur lui-même est coincé avec ce qui a été fait avant. Ces longueurs n’apportent pas grand chose à l’œuvre, si ce n’est des temps de pauses entre les scènes d’actions, et tentent d’apporter un peu plus de profondeur au personnage de Logan et des relations avec les personnes autour de lui, ce qui est un bon point. Même s’il est à noter l’apparition de personnages secondaires qui ne servent que de fonctions au récit.

Mais c’est un scénario qui reste surprenant, surtout par son approche. Car même si LOGAN est un film de super-héros, le traitement de l’histoire nous fera croire le contraire. Dès la première scène, dû à la multiplicité des cadres, des couleurs et du grain de l’image, James Mangold nous montre clairement qu’il souhaite briser les codes des films classiques du genre. Et cet aspect est sans conteste une réussite.

S’il y a bien un mot pour qualifier LOGAN, ce serait : réalisme. En effet, le film se veut réaliste tout en implémentant les notions du genre super-héros. James Mangold en fera l’usage en exposant des comics des X-men pour montrer la différence entre ces histoires fantastiques et la sienne. Et qui dit réalisme, dit violence. Et LOGAN est sans aucun doute le film le plus violent de l’histoire des films de super-héros. Lorsque les scènes d’actions s’engagent, l’aspect bestial que Logan tente de contenir revient, et cette fois-ci, on ne tente pas de cacher le sang par des subterfuges filmiques médiocres qui se seront succédés à travers les années. Non, cette fois l’action est montrée de bout en bout et certaines scènes sont extrêmement sanglantes et choquantes. Deadpool est violent et sanglant, mais le côté comique du film détourne la violence par le rire. Dans LOGAN, l’action est violente, brutale, et le réalisme rend le tout bien plus sombre.

Il n’y aura pas à tergiverser sur le style de réalisation de James Mangold pour LOGAN. La direction prise pour cet ultime épisode était la meilleure qui puisse être. Le réalisateur offre un film qui nous montre l’avenir d’un monde dans lequel les super-héros sont devenus des images, et donne un point de vue bien différent de tout ce qui a été fait techniquement jusqu’alors.

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De plus, le cadrage et les couleurs brisent les codes du genre en apportant quelque chose plus proche du film noir, ou du thriller par moment. Donc adieu les plans surréalistes où Wolverine s’accroche à un hélicoptère, des cascades où explosions fusent dans tous les angles, ou une façon de filmer nerveuse et brouillonne. LOGAN donne au spectateur des séquences claires, des plans somptueux et des décors magnifiques succédant désert (donnant une touche « no man’s land », tel Mad Max) aux forêts, qui s’allient parfaitement au combat mental, et physique, de Logan qui cherche sa voie. Amplifiés par une bande sonore douce et calme qui se mélange intelligemment au reste de l’œuvre.

Hugh Jackman était né pour jouer Wolverine et donne absolument tout pour sa dernière représentation. Il est vrai que l’acteur ne fait pas parti de ces grands interprètes de renom ayant eu de nombreux rôles de compositions. Mais ici, il joue avec son cœur et prouve qu’il sait jouer un large panel d’émotions tout en nous hérissant les poils par moment. Ainsi, une profonde nostalgie submerge autant le spectateur, que Hugh Jackman (pour peu qu’on entre dans le récit). Le reste des acteurs n’ont plus rien à prouver, avec un Patrick Stewart en vieux Charles Xavier aussi fou que sarcastique. Et la jeune Dafne Keen nous donne un aperçu de son talent, ce qui promet pour elle une grande carrière.

Logan est un film qui rompt avec tous les films de super-héros faits. Plus sombre, plus réaliste que ses confrères de genres, il souffre cependant des mêmes défauts scénaristiques avec des longueurs n’apportant rien de réellement utile, si ce n’est d’autant plus de mystères dans l’univers X-men de la Fox. Mais la direction choisie par James Mangold pour ce dernier épisode de Wolverine apporte assez d’innovations filmiques, visuelles et d’idées scénaristiques intéressantes. Il offre un vrai souffle nouveau aux films de super-héros, faisant de lui l’un des meilleurs films du genre depuis de nombreuses années. Un film à admirer sur grand écran !

8/10

 

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