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[Critique] Miss Peregrine et les enfants particuliers

Miss Peregrine

Un film réalisé par Tim Burton. Avec Eva Green, Asa Butterfield, Ella Purnell, Samuel L. Jackson et Judi Dench. Date de sortie en salle : 5 octobre 2016.

Miss Peregrine et les Enfants Particuliers est l’adaptation du livre du même nom écrit par Ransom Riggs paru en 2012. Suite au succès de ce roman issu de la littérature jeunesse, Tim Burton décide de l’adapter au cinéma, car il se sentait proche de l’univers de celui-ci. Est-ce un bon film ? Un bon Tim Burton ? Ou rien de cela ? C’est ce que nous allons voir.

Tout d’abord, il sera à noter que la comparaison entre le film et le livre ne sera pas faite dans cette critique, car au moment où une œuvre, quelle qu’elle soit, est transposée d’un art à un autre, celle-ci devient une nouvelle œuvre à part entière de l’originale. Et donc considérer l’adaptation cinématographique comme unique par rapport à l’univers qui la rattache. Un film ne pourra jamais adapter parfaitement une œuvre littéraire en film.

Ceci étant dit, Miss Peregrine et les Enfants Particuliers suit l’histoire d’un jeune homme homme nommé Jacob. Il ne brille pas par ses relations avec les autres jeunes de son âge dû à un univers psychologique différent des autres. Son grand-père, Abe, ne cessait de lui raconter des histoires fantastiques au sujet d’enfants particuliers et extraordinaires. Évidemment, tous le prenaient pour un fou. Le jour où son grand-père décède d’une façon mystérieuse, Jake cherchera à comprendre les raisons et découvrira que toutes ces histoires étaient bien vraies. Il se rendra donc sur l’île de Cairnholm avec son père. Jake trouvera l’orphelinat perdu dans un monde parallèle au sein d’une boucle temporelle sans fin, tenu par Miss Peregrine et fera la rencontre de chacun des pensionnaires aux aptitudes fantastiques. A mesure que le temps s’écoulera, le mystère se dénouera et le danger s’amplifiera avec la venue de leurs puissants ennemis. Jacob découvrira sa propre particularité afin d’essayer de sauver ses nouveaux amis.

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En résumant le film, on constate que l’histoire était parfaitement calibrée pour l’univers atypique de Tim Burton. Nous avons là toute la recette nécessaire au réalisateur avec des personnages incroyables et un monde pouvant laisser libre cours à son imagination tant la réalité visuelle peut être modifiée.

Pourtant, à l’instar d’un Alice au Pays des Merveilles qui ne parvenait pas à réellement accrocher, malgré un travail visuel époustouflant, Miss Peregrine et les Enfants Particuliers nous embarque dans une histoire qui, bien qu’intéressante, n’arrive pas à nous transporter dans l’univers unique de Tim Burton. Le film s’étire quelque peu en longueur afin de nous expliquer au mieux les événements pour nous amener au dénouement final. Un dénouement final qui pourra surprendre plus d’un spectateur tant la rupture brutale entre l’enfance innocente et cette scène semble en décalage.

Cela en fait-il un mauvais film ? Bien sûr que non. On ressent tout le travail fourni par Tim Burton pour ce film qui a pu l’inspirer autrement. Chaque visuel est magnifiquement travaillé, avec des plans et panorama qui scotchent le spectateur au siège. Des personnages intéressants et singuliers offrent des scènes uniques qui nous bercent et nous font écarquiller les yeux de par leur beauté (mention particulière à la scène du bateau), et des créatures monstrueuses qui nous auraient terrifié durant les sommeils de notre enfance.

Tous les codes habituels du réalisateur sont présents, tant au niveau visuel qui est marqué par un côté sombre et mystique où cauchemars sont de mises, mais aussi par sa structure narrative.

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La production est aidée par un excellent casting composé d’un grand Samuel L. Jackson en méchant charismatique, une Eva Green parfaite en directrice de pensionnat qui offre une superbe prestation, mais une Judi Dench oubliable dû à un rôle assez anecdotique qui ne lui offre guère de possibilité d’inspiration.

Tim Burton est l’un des réalisateurs emblématiques de notre ère. Il a su marquer les esprits par sa vision unique du monde et du cinéma, très proche du cinéma expressionniste des années 1920 (cf. Le Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene).

Miss Peregrine et les Enfants Particuliers ne parviendra pas à atteindre l’excellence de ses anciennes œuvres dû à un rythme trop haché, une histoire de boucle temporelle légèrement mise en retrait qui aurait demandé un peu plus d’approfondissement, quelques incohérences et un final en décalage par rapport au reste du film venant ternir le reste du tableau qui avait d’excellents éléments pour en faire une très bonne œuvre.

 

Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, malgré la volonté d’offrir au spectateur un film digne de la renaissance de Tim Burton n’offrira simplement qu’un tableau en demi-teinte. Un bon film tout public, mais un Tim Burton oubliable.

6/10

 
 
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