Chair de Poule

Un film réalisé par Gavin O’Connor. Avec Ben Affleck, J.K Simmons, Anna Kendrick, Jon Bernthal, Cynthia Addai-Robinson. Date de sortie : 02 novembre 2016.

Avec une filmographie assez éclectique, Gavin O’Connor s’est essayé à plusieurs genres de films bien distincts et même si tous ne sont pas mémorables, ils restent des films plaisants à voir, sans véritables prises de tête. Après son dernier film Jane Got a Gun, un western qui ne fut pas un film extraordinaire dû à un scénario assez faible et mou, vite oubliable, Gavin O’Connor revient derrière la caméra avec un film tout autre, dans un style bien différent, à savoir un thriller « musclé » où l’action sera de mise. Qu’en est-il ? Est-il parvenu à nous faire décoller de notre siège ?

Mr. Wolff, ou The Accountant pour les anglophones, nous raconte l’histoire d’un génie mathématicien du nom de Christian Wolff. Sa différence le conduit à être bien plus à l’aise avec les chiffres qu’avec son entourage. En premier lieu expert-comptable, il s’avère être un dangereux mercenaire travaillant pour plusieurs organisations mafieuses à travers le monde. Évidemment, lorsque la brigade anti-criminalité s’intéresse de trop près à ses affaires, il cherche à faire diversion en travaillant pour une société de robotique. Mais celle-ci ayant subit des détournements de fonds découverts par la comptable de la société, Christian découvre la supercherie et sera embarqué dans une nouvelle mission où ses talents de mercenaires seront mis à mal pour mettre un terme à cette histoire…

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D’abord, pourquoi avoir mis le titre original du film en première ligne ? Car il sera à noter qu’un film sera bien plus vendeur en ayant pour titre Mr Wolff que Le Comptable, c’est une certitude. De mettre en avant le nom mystérieux du personnage nous rappelle certainement les autres films du genre, tel que John Wick, Jason Bourne ou encore Jack Reacher (ça fait beaucoup de Mr. J.). Or, le film essaie de se vendre ainsi, pourtant il n’en est rien. Mr. Wolff est loin de ce que propose ces autres films. Simplement par sa narration et surtout son personnage atypique.

En effet, la particularité de Christian Wolff est son autisme. Ce qui le rend bien moins émotif, voire fade, car sans vie. Le film essaie pourtant de nous attacher au personnage à travers les différents flash-back racontant sa dure enfance avec son père, son histoire avec son frère, mais hélas le personnage en lui-même n’est pas attachant et le spectateur reste en retrait face à sa relation naissante avec la comptable de la société robotique. Relation par ailleurs assez mal-traité dû au va et vient incessant du film, son personnage mal travaillé qui n’aura que pour but un «  love interest ».

Car l’un des plus gros défaut du film est son histoire décousue. Malgré une bonne écriture scénaristique et une cohérence inéluctable qui nous donne envie de plonger dedans, celui-ci s’avère être brouillon et mal ficelé, ne restant sans cesse qu’en surface. Sa multitude de sous-intrigues perd rapidement le spectateur sur des détails. Car la grosse première partie du film nous présente la totalité des personnages et leurs motivations, nous faisant perdre de vu le personnage principal dont le titre du film porte son nom quand-même, et même nous le faire passer au second plan par moment. Au point de nous mettre Ray King (J.K Simmons) en tant que maître de l’intrigue et pièce essentielle sur l’échiquier. Ce qui en soi n’est pas mal, mais nous offre quelque chose que le spectateur n’attendait pas nécessairement et nous perd fatalement dans cette multiplicité de sous-intrigues dont les dénouements et « twists » sont visibles à des kilomètres.

Les scènes d’actions, peu nombreuses, permettent de garder un rythme soutenu, particulièrement la dernière qui est bien mise en scène.

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Visuellement parlant, le film reste dans l’ambiance de l’histoire avec des couleurs ternes et fades, nous rappelant l’état d’esprit de Mr. Wolff. Mais c’est son excellent casting qui nous permettra de réellement adhérer au film et se prendre à l’histoire.

Après avoir joué un Bruce Wayne vieilli dans un rôle musclé, Ben Affleck offre ici une excellente prestation pour ce personnage associable qui n’offre pas d’émotions et qui agit de manière brutal. Nous avons un J.K Simmons qui reste fidèle à lui-même avec un rôle intense et réfléchit, probablement le personnage le plus intéressant du film.

A part, il sera à noter que ces deux acteurs se retrouvent prochainement dans l’univers DC de Batman en tant que Bruce Wayne et James Gordon ; et les quelques allusions à celui-ci pourront faire sourire, notamment les comics Batman, la relation des deux personnages, ainsi que la comptine sur Solomun Grundy chantée par Christian Wolff.

Musicalement, le film tire ici une excellente carte avec une composition (signée Mark Isham) particulièrement intéressante avec des sons électroniques s’intégrant à l’univers du film.

Mr. Wolff est donc un film assez atypique. Pas réellement un film d’action comme ses confrères, pas vraiment un véritable thriller policier, il nous perd dans cette ambiguïté et ne parvient jamais véritablement à nous faire entrer dans son monde, restant sans cesse en surface sans jamais approfondir les choses. Néanmoins, sa cohérence scénaristique reste un point intéressant, la dynamique du montage et son casting permet d’en faire un film divertissant qui se laisse voir sans se prendre vraiment la tête. En d’autres termes, Gavin O’Connor signe là encore un film divertissant mais oubliable. Un bon film du dimanche soir, mais certainement pas le film à voir au cinéma. 

5/10

 
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Un film réalisé par Gavin O'Connor. Avec Ben Affleck, J.K Simmons, Anna Kendrick, Jon Bernthal, Cynthia Addai-Robinson. Date de sortie : 02 novembre 2016.Avec une filmographie assez éclectique, Gavin O'Connor s'est essayé à plusieurs genres de films bien distincts et même si tous ne sont pas mémorables, ils restent des...
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