Chair de Poule

Un film réalisé par Gareth Edwars. Avec Felicity Jones, Diego Luna, Mads Mikkelsen, Donnie Yen, Forest Whitaker, Jiang Malbus. Date de sortie en salle : 16 décembre 2016.

Suite au rachat de l’univers Star Wars par Disney, il fut annoncé que l’univers étendu précédemment créé n’avait plus de valeur dans celui qu’ils inventaient. Ainsi démarre une nouvelle aventure avec une nouvelle trilogie, dont le premier épisode Le Réveil de la Force est sorti l’année dernière, suivi de l’Episode VIII l’année prochaine. En attendant le prochain film canonique, Disney a décidé de combler les vides par des Spin-off. Le premier en date, Rogue One : A Star Wars Story… Pari gagné ? Ou film décevant en attendant la suite ?

Rogue One, c’est un peu le rêve de tous les fans de la saga Star Wars. L’histoire choisie pour ce premier spin-off est le vol des plans de l’étoile de la mort par les rebelles, pour en arriver là où nous en sommes au début de l’Episode IV. Le pari de ce film est de créer ce lien avec le début de la saga de 1977. On suit donc Jin Erso qui se fait récupérer par l’alliance rebelle pour retrouver son père Gallen Erso, à l’origine de la conception de l’Étoile Noire pour le juger. Mais la mission prendra une autre tournure, lorsque cette nouvelle équipe nommée Rogue One découvrira que Gallen a installé une défaillance dans la station. Ainsi démarre une course contre la montre pour récupérer les plans de l’Étoile Noire.

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Rogue One part donc sur cette base scénaristique qui est un défi, car le risque de déception pourrait être élevé. Pourtant il n’en est rien. Scénaristiquement, le film est très intéressant sur le fond et la forme. Les scènes s’enchaînent parfaitement avec fluidité sans perdre le spectateur en cours de route. On notera juste un démarrage où le montage trop haché pour la présentation des différents personnages pourrait paraître brutal. De ce fait, il sera plus difficile de réellement s’attacher aux personnages principaux, à l’exception de trois. Surtout de manière sonore, là où dans le Réveil de la force les thèmes sonores permettent de s’imprégner du personnage, tel celui de Rey.

En étant sur les défauts, il faut évoquer le traitement de la bande sonore. Michael Giacchino est à la composition pour remplacer John Williams, et Alexandre Desplat (anciennement sur le projet). Giacchino est un excellent compositeur, mais ici il offre surtout une composition visuelle qui ne sert que l’image et devient parfois trop présente dans des scènes pas nécessairement utiles, comme si le manque de temps et les impératifs de Disney ne lui avait pas permis de s’exprimer pleinement. Car en toute honnêteté, Giacchino est le fils spirituel de John Williams. Tout n’est pas imparfait, ses musiques sont excellentes dans les moments opportuns et le nouveau thème colle parfaitement à l’histoire.

Passé ces défauts minimes, le reste de Rogue One est d’une parfaite maîtrise. Le film est très bien monté, de façon dynamique sans réel temps mort. Les scènes d’actions sont bien intégrés et les cut entre les pauses et la reprise de l’action bien gérés. Petit aparté : Avec un réalisateur aussi Geek que Gareth Edwards, il semblait obligatoire d’implémenter tout un tas de détails à travers le récit pour les fans. Ainsi vous pourrez voir le retour de personnages cultes revenus à la vie grâce à la magie du cinéma, ou encore de plus petits clins d’œils qui vous feront sourire, si toutefois vous parvenez à les repérer. La scène de conclusion sera amenée à placer plus d’un sourire sur les visages et surtout surprendre…

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Mais là où le film excelle… C’est à la réalisation. Gareth Edwards dirige avec brio son équipe d’acteurs qui offre un travail en adéquation avec les attentes sans en faire trop, et surtout son équipe de techniciens. Les visuels du film sont un enchaînement de tableau rendant le film d’une beauté rarement vu au cinéma, intensifiant la dramaturgie par le travail sur la lumière. En effet, tout l’intérêt de Gareth Edwards est de montrer à l’échelle humaine ce qui rend l’Étoile Noire, l’action et les vaisseaux gigantesques en propulsant le spectateur au milieu de la guerre. Mention spéciale aux scènes dédiées au retour de Dark Vador tout simplement jouissives et calibrées d’une main de génie, ainsi que la fin qui nous amène à vouloir regarder l’Episode IV.

Les effets spéciaux sont quant à eux les plus beaux réalisés dans un film à l’heure actuelle. Il n’y a tout simplement rien ce dire à ce sujet tant la perfection visuelle des scènes d’actions spatiales mettent une baffe. Le spectateur restera scotché.

Rogue One : A Star Wars Story est donc le premier spin-off, et le premier pari gagnant. Le film, bien que pas titré d’un chiffre et pas réellement intégré dans la trame principale à cause de ses qualités de « spin-off », pourrait très bien être cet épisode 3,5 que tous les fans voulaient. Rogue One est maîtrisé du début à la fin, tant sur le plan scénaristique que visuel. Les quelques défauts notables comme le démarrage un peu brutal, avec son montage coupé, ou encore les musiques un peu trop présentes par moment, n’enlèvent en rien le reste du travail effectué, tant au niveau des effets spéciaux que du jeu des acteurs jusqu’au retour intelligent de Dark Vador. Un film qui n’est pas là que pour faire patienter jusqu’à l’Episode VIII, mais qui transcende l’univers de Star Wars avec un épisode au-delà de toute espérance.

8/10

 
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Un film réalisé par Gareth Edwars. Avec Felicity Jones, Diego Luna, Mads Mikkelsen, Donnie Yen, Forest Whitaker, Jiang Malbus. Date de sortie en salle : 16 décembre 2016.Suite au rachat de l'univers Star Wars par Disney, il fut annoncé que l'univers étendu précédemment créé n'avait plus de valeur dans celui...
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