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[Critique] Silence : des catholiques au Japon

Chair de Poule

Un film réalisé par Martin Scorsese. Avec Andrew Garfield, Adam Driver, Liam Neeson, Yosuke Kobosuka, Issei Ogata. Date de sortie en salle : 08 février 2017.

Entre Taxi Driver, Raging Bull, Casino, Shutter Island, etc. Martin Scorcese n’est plus à présenter. Un réalisateur fabuleux ayant multiplié les oscars pour des films considérés comme des chef-d’œuvres en tout point. Il est connu pour mettre en avant ses personnages de manière réaliste afin d’offrir de nombreuses émotions. En cette année 2017, il décide de mettre en scène un film qui lui tenait à cœur : Silence. Un film particulier dans son esprit, et particulier par ses thématiques. Quel est le résultat de ce mélange ?

Silence nous narre une partie de l’Histoire de l’Homme : la post-évangélisation du Japon. Nous suivons deux prêtres portugais qui partent à la recherche de l’un de leur confrère qui, selon les rumeurs, aurait apostasié devant le gouverneur Inoue. Ainsi, il aurait brisé son pacte avec l’église et serait devenu un citoyen Japonais. Les deux prêtres ne pouvant croire à cette calomnie, se décide à partir à l’encontre de la vérité au sujet du père Ferreira. Mais leur quête de vérité ne sera pas de tout repos, et leur foi sera mise à mal à mainte reprise.

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Voilà comment nous pourrions résumé l’intrigue principale de Silence. Le film est sans aucun doute une œuvre particulière. En premier point par le thème abordé qu’est la religion. De ce fait, par cette simple idée, le film ne pourra guère plaire à tous. Mais pour autant, il arrive à nous maintenir dans son intrigue malgré sa durée de 2h41, ce qui est long pour un film où pas une seule scène ne comporte d’action.

Car oui, ne vous attendez pas à un film où la guerre sera de mise. Le film comporte de nombreuses scènes violentes, mais l’action n’est pas tant visuelle que psychologique.

Dès l’arrivée des deux prêtres au Japon, ils constateront l’évolution de la transmission de la parole divine à travers les ans. Et à cet instant, un conflit intérieur entre le gouverneur Inoue et les deux prêtres verra le jour. Voilà l’intérêt du film. Montrer la foi des Hommes, jusqu’où ils sont prêts à aller, juste pour prouver leur dévotion. Car Inoue ne cherche qu’à briser l’esprit de l’Homme et lui faire trahir toutes ses croyances, quitte à tuer son propre peuple.

Un point intéressant qui ne montre ni de méchants, ni de gentils, simplement des Hommes qui cherchent à défendre leurs valeurs. Au point de montrer la chrétienté comme étant arrogante (prêchant sa parole comme étant l’unique Vérité).

Le scénario bien ficelé et les dialogues maîtrisés nous feront oublier les quelques scènes longues qui pèsent au milieu du film. Malgré les efforts d’écriture, le film ne parvient pas à nous donner de puissantes émotions, là où Tu ne tueras point y parvenait. Le film manque cruellement d’un aspect fondamental du cinéma : les émotions. D’où cela pourrait provenir ? Le jeu d’acteur.

Les acteurs incarnent tous leur personnage parfaitement. Que ce soit Liam Neeson, Andrew Garfield ou Adam Driver, ils offrent une prestation digne de leur talent respectif. Mais au-delà de la simple prestation, leur personnage ne leur permet pas de s’exprimer pleinement, et nous conférer ces émotions recherchées, ou simplement l’attachement à eux. Ce qui fait que nous restons spectateur de cette histoire sans jamais véritablement en prendre partie.

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Son histoire n’est pas le seul point particulier de Silence. Sa mise en forme et son montage l’est tout autant. Le film est « lent » dans sa construction et prend le temps de nous montrer ce qui doit être montré. Quitte à rester sur une scène qui, dans un autre film plus conventionnel, aurait pu être coupée plus tôt.

Heureusement, le film est visuellement magnifique. On ne pourra faire aucun reproche à la photographie, les couleurs, et les paysages filmés avec brio tout au long du film. Ainsi, ces scènes lentes nous permettent de mieux apprécier les décors du Japon.

Le traitement du son pourra surprendre. Pas une seule musique « in » ou « off » n’est présente, confirmant ainsi (de manière pas si subtile) son titre. Les sons sont quant à eux, mis en avant de façon exagéré dans le but de nous faire entrer dans ce monde réaliste et violent. Traitement surprenant, mais plutôt efficace.

Silence n’est pas un film conventionnel et Martin Scorcese l’évoque lui-même. C’est un projet qu’il souhaitait faire depuis de nombreuses années, et le résultat ne pourra pas plaire à tous. Ce qui est en effet le cas. Silence aborde des thèmes spécifiques, mais on ne peut lui ôter ni sa bonne narration, malgré les scènes creuses ; ni ses visuels magnifiques qui vont à l’encontre de la violence globale. Entre autre, un film qui prend de nombreux risques, mais qui ne saura contenter tous les publics.

6/10

 

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