Un film réalisé par Nikolaj Arcel. Avec Idris Elba, Matthew McConaughey, Tom Taykor, Katheryn Winnick, Abbey Lee Kershaw. Date de sortie en salle : 09 août 2017.

Les adaptations de livres en films ne sont plus à compter depuis une quinzaine d’années, tant le genre du fantastique aime être porté sur grand écran. On ne citera plus les grands Harry Potter ou encore Le Seigneur des Anneaux, mais pourtant ils ne reflètent qu’un petit nombre de ces adaptations qui sont (trop souvent) bien décevantes et conventionnelles, si on les compare avec leurs matériaux d’origines si complets et immersifs. Cette année, c’est encore une adaptation d’une saga de Stephen King qui se voit porter au cinéma. Ce film ? La Tour Sombre… Qu’en est-il de cette adaptation ? Sort-elle du lot ? Ou est-ce une énième adaptation décevante ?

La Tour Sombre nous raconte l’histoire d’un jeune New-yorkais du nom de Jake Chambers. Depuis la mort de son père, il a des visions, des cauchemars, durant ses nuits. Il voit un monde fantastique peuplé de monstres qui se cachent avec des fausses peaux humaines, et où un homme en noir enlève des enfants pour se servir de leur énergie afin de détruire la tour sombre. Si elle venait à être détruite, les enfers seraient relâchés sur tous les mondes de l’univers. Jake Chambers découvrira les plans machiavéliques de l’homme en noir et devra s’allier avec Roland, le dernier pistolero en quête de vengeance… Le destin des univers sera entre les mains de ces deux compagnons inattendus.

La Tour Sombre

Ce résumé qui donnerait envie n’est hélas pas représentatif du film en lui-même. La Tour sombre ne pourrait pas être considéré comme un mauvais film, il possède quelques bonnes idées ; mais il n’est pas un bon film non plus… Et pour cause, il possède de nombreux défauts qui laisse le spectateur sur le banc de touche tout du long.

Parlons donc des choses qui fâchent. Pour commencer, le scénario en lui-même est mal écrit et n’apporte pas grand chose, même si nous ne connaissons rien à l’univers. Comme bon nombres d’histoires fantastiques, nous avons un jeune personnage qui se découvre des dons surnaturels en rapport avec l’univers fantastique. Pensant qu’il est seul dans son « monde », il décide de faire voyage seul pour accomplir la mission qu’on lui a donné. Il rencontrera une figure forte qui l’accompagnera dans son voyage malgré leurs différences. Ensemble, ils vaincront l’ennemi principal… Fin.

Cela rappelle de nombreux films ayant cette structure (The Mortal Instruments par exemple), à la différence prêt que la plupart de ces films proposent le début de l’univers avec le personnage central. Le plus gros soucis de La Tour Sombre est qu’il nous amène à la conclusion de l’univers. La saga de Stephen King est découpée en sept romans ; le film correspondrait au huitième tome. Ce qui n’est pas la meilleure idée pour introduire les non-initiés à l’univers.

De ce fait, nous nous retrouvons à plusieurs moments dépassés par les enjeux entre les personnages et les quelques informations sur l’univers. Et ces moments où nous aimerions que ces éléments soient approfondis, car très intéressants, ne le sont pas. On pense notamment au « détail » évoqué sur la création des armes des pistoleros, forgées avec le même acier que celui d’Excalibur… Mais cela reste une phrase parmi tant d’autres. Ou encore ce qu’est le « Shining », qui est un pouvoir attribué aux enfants pour lire dans les pensées ?? Mais rien n’est sûr, ce n’est pas bien expliqué. Si nous voulons en savoir plus, il faut acheter les livres…

La Tour Sombre

Et voici donc le plus gros problème problème du film. Il est une parfaite promotion pour les livres du même nom. La construction de l’histoire est, de ce fait, bancale. La seule chose qui est claire depuis le début, est la volonté de sauver la tour. Le film aurait pu être raccourcit pour faire tout au plus trente minutes pour arriver à sa conclusion. Le reste est hélas superflus, ne servant qu’à placer une ou deux références que l’on ne comprend pas (il faut le livre), et mal amené. Les scénaristes ayant préféré se concentrer sur la relation entre Roland et Jake dans des scènes clichés et redondantes créant des moments où rien ne se passe à l’exception d’échanges de regards ou de dialogues pas si bien écrits et n’apportant rien à l’histoire du film ou de l’univers dans sa globalité.

Ce qui est bien dommage. La Tour Sombre possède quelques idées intéressantes et des personnages intéressants. Notamment ceux de l’univers étendu. L’homme en noir est mystérieux et possède de grands pouvoirs. Roland possède une back-story poussée et poignante qui ne demandait qu’à être approfondie. Il est clair que le film joue son rôle pour vendre les livres.

Au-delà de son aspect scénaristique décevant et trop conventionnel, La Tour Sombre propose une œuvre cinématographique de bonne facture. Les cadres font le travail (même s’ils ne sont pas tous inventifs). Nous dirons qu’ils montrent l’essentiel et que l’action reste claire du début à la fin. Quant aux effets spéciaux, ils sont de très bonnes qualités et peuvent être un point qui le démarque de la masse d’adaptations fantastiques. On voit que les producteurs ont mis en avant la qualité de l’univers et de ses décors pour offrir une certaine qualité visuelle pour le spectateur. Les scènes d’actions sont peu nombreuses, mais bonnes. La mise en avant des dons du Pistolero est visuellement travaillée et bien vue.

Le gros point fort du film est tout naturellement son casting prestigieux qui sauve les meubles. Nous retrouvons une confrontation entre Idris Elba et Matthew McConaughey qui font merveilleusement le travail malgré les défauts dans l’écriture.

La Tour Sombre

La Tour Sombre fait partie de ces nombreuses adaptations qui se perdent dans leur univers et ne sont pas « justes ». S’il possède de bonnes idées, celles-ci sont disséminées dans une histoire bancale qui traînent sur des aspects qu’on aurait pu vite passer, et au contraire, se voit passer rapidement sur des éléments fondamentaux. Ce qui fait perdre le fil au spectateur dans cet univers pourtant intéressant ; mais il en viendra à se poser la question de « pourquoi avoir commencer l’histoire à ce stade de la saga ? » Et cela le forcera à y voir un film promotionnel pour la saga littéraire de Stephen King. Certains détesteront, et d’autres voudront se jeter sur les romans après l’avoir vu. En somme, un film divertissant sur bien des aspects, mais qui ne sort pas du lot, faute à une écriture décevante.

6/10

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Un film réalisé par Nikolaj Arcel. Avec Idris Elba, Matthew McConaughey, Tom Taykor, Katheryn Winnick, Abbey Lee Kershaw. Date de sortie en salle : 09 août 2017.Les adaptations de livres en films ne sont plus à compter depuis une quinzaine d'années, tant le genre du fantastique aime être porté sur...
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