Un film réalisé par Micheal Bay. Avec Mark Wahlberg, Josh Duhamel, Anthony Hopkins, Laura Haddock, Isabela Moner. Date de sortie en salle : 28 juin 2017.

« Avant le commencement, il y avait le cube… » ; tels étaient les premiers mots du célèbre Optimus Prime à l’ouverture du premier Transformers. Voilà maintenant 10 ans que la saga a su faire sa place dans le paysage cinématographique hollywoodien. Et malgré les dures critiques faites aux films, les multiples débâcles et départs du réalisateur Michael Bay, le voici toujours aux commandes pour la cinquième itération des robots qui se transforment sur grand écran. Tenons-nous là l’épisode qui fera la différence ?

Transformers : The Last Knight commence en l’an 684 durant une bataille qui oppose les saxons à l’armée du roi Arthur. Alors qu’ils sont au bord de la défaite, malgré la possession d’Excalibur, Merlin parvient à trouver un artefact donné gracieusement par les chevaliers Transformers. Avec le bâton de Merlin, ils parviendront à gagner le conflit. Des siècles plus tard, nous suivons à nouveau Cade Jaeger qui se voit hasardeusement élu par un chevalier Transformers décédé pour tenir Excalibur, ainsi qu’une jeune femme Historienne, qui serait la descendante de Merlin ; et la seule à pouvoir utiliser le sceptre. Leur but, stopper l’arrivée de Cybertron et d’Optimus, passé dans le camp ennemi, car un seul des deux mondes survivra à la guerre. D’anciens alliés referont surface et de nouvelles alliances dangereuses devront être faites pour pouvoir sauver la Terre…

transformers

En lisant le résumé du film, on pourrait se demander s’il n’est pas « brouillon » ou mal formulé. Ce n’est pas un hasard, car le film pourrait être très simplement résumé en une seule ligne (comme tous les Transformers) mais en voulant entrer un peu plus dans les détails, on en vient au problème essentiel du film : A vouloir trop en mettre, on se perd souvent dans des détails futiles qui ajoutent malheureusement aucune information utile.

Petit aparté, il faut mettre en évidence le fait que le film fut repoussé car les producteurs voulaient créer une histoire et un scénario à la hauteur des ambitions et qui plus est, créer un univers cohérent entre les films passés et les films futurs. Encore un univers : le Transformersverse. Nous étions donc en droit d’attendre de Transformers : The Last Knight quelques chose de plus profond et bien cherché.

Malheureusement, le résultat espéré n’est pas au rendez-vous. On pourrait reprocher bon nombres de choses aux précédents Transformers, mais chacun d’eux se concentrait sur l’aspect principal de leur existence et l’histoire se suivait de bout en bout, malgré les incohérences qui se créaient à chaque nouvel épisode avec le précédent. Dans le cinquième épisode, certaines incohérences avec les précédents films sont balayées certes, mais de nouvelles (énormes !) sont créées et l’histoire est longue pour pas grand chose. On lui reprochera notamment la difficulté de suivre l’action en début de film avec la multitude de scènes dans de multiples endroits à travers le monde comprenant de nombreux personnages différents à différents moments (?) qui n’aide certainement pas à faire entrer le spectateur dans le film.

transformers

Le plus désolant pour Transformers : The Last Knight sont ses personnages sans profondeurs, et qui n’ont ni but apparent. La jeune fille montrée dans toutes les bandes-annonces n’apparaît que les 20 premières minutes pour rappeler à Cade qu’il est un père (car sa fille a disparu à la fac), Cade devient le dernier chevalier par hasard ou plus simplement car il était là au bon moment et qu’il est le personnage principal depuis le 4 (il n’y a pas d’autres explications possibles tant c’est expédié), son side-kick qui n’apparaît que 10 minutes, la nouvelle historienne, n’est présente que parce qu’il fallait une femme forte qui peut faire ses propres cascades et qui sauve la Terre. Le seul personnage attachant est celui d’Anthony Hopkins, car il est le seul à avoir une vraie motivation et de vrais buts ainsi qu’un intérêt à faire avancer le récit. Les autres ajoutent des longueurs.

Hélas… hormis le dernier cité, tous seront oubliés, et la preuve est qu’on ne retiendra même pas leur prénom une fois la séance finie. Et malgré le titre du film Transformers, les robots eux-mêmes sont devenus des figurants de leur propre film. Là où les premiers épisodes (et en particulier le 1) avaient des personnages Transformers intéressants, avec du charisme et une vraie personnalité, les nouveaux sont tous fades et sans intérêts, au point d’avoir Bumblebee 90% du temps à l’écran. Seul Cogmane vole un peu la vedette grâce à sa personnalité plus intéressante et Optimus qui n’arrive que pour les 20 dernières minutes de films.

Adieu aussi tout ce qui a été fait dans le quatrième épisode, puisque rien ne sera reprit. Adieu le Transformium, les « créateurs » d’Optimus, etc. Et pour finir avec les très nombreux défauts du récits, le titre lui-même n’est pas justifiable, puisque Cade est le fameux dernier chevalier du titre (même s’il l’est par le hasard), et il n’apparaît qu’à la fin durant à peu près 10 secondes. Dommage…

transformers

Nous n’allons pas nous étendre plus sur tous les détails, mais pour terminer sur une note positive, passé la première partie de film longue et ennuyante, la deuxième partie est plus dynamique et intéressante, ce qui lui donne un second souffle et nous fait légèrement oublier les défauts du début.

Parlons un peu technique. Et d’abord du plus gros soucis. Le film est un vrai calvaire. Michael Bay a voulu filmer son film en Imax 3D avec les caméras adéquats, mais pas l’intégralité du film. Ce qui donne un résultat tout à fait surprenant et pas dans le bon sens. Là où The Dark Knight utilisait le même procédé pour certains plans (4 ou 5 maximum), Transformers : The Last Knight l’a sur un très (très) grand nombre de plan. Pourquoi ce n’est pas bien ? Simplement car voir en l’espace de 5 secondes le format d’image changer 4 fois entre Imax et cinémascope (et en 3D) donne mal à la tête. Au point de sortir le spectateur du film et du récit. Surtout dans une salle non équipée pour ce format particulier et qui se voit contraint de couper l’image au cœur de la toile, rendant les plans en cinémascope microscopique sur un écran de 20 mètres de large pourtant. Il n’est pas utile d’utiliser trois formats différents pour un film, surtout quand ce choix artistique n’est pas réellement justifié. Dommage… 

Heureusement, comme tout films Transformers, les scènes d’actions sont filmées avec brio et fluidité. Michael Bay s’en sort extrêmement bien. Les effets spéciaux sont quant à eux aussi une grosse réussite, ILM fait un excellent travail à tous les niveaux.

transformers

 

Il sera difficile de cacher que Transformers : The Last Knight est une petite déception. Depuis l’annonce d’une « writer’s room » pour faire de cet univers quelque chose de cohérent et bien amené, il y avait un espoir concernant la qualité de ce film. Malheureusement ce ne sera pas le cas, et pire, il fait parti de ces films dont l’histoire se suit mais traîne en longueur avec une multitude de scènes à droite et à gauche, et avec un nombre de personnages faramineux, tous plus inutiles les uns que les autres. Heureusement, les scènes d’actions sont toujours bien filmées, et la fin a le mérite d’en mettre plein la vue, même avec ses différents formats. Transformers : The Last Knight ne parviendra pas à faire taire ses détracteurs, et confirme la lente chute de la série. En espérant une suite meilleure.

5/10

http://planete-cine.com/wp-content/uploads/2017/07/transformers-5-4.jpghttp://planete-cine.com/wp-content/uploads/2017/07/transformers-5-4-300x300.jpgRomain DebonsCritiquesAnthony Hopkins,Mark Wahlberg,Michael Bay
Un film réalisé par Micheal Bay. Avec Mark Wahlberg, Josh Duhamel, Anthony Hopkins, Laura Haddock, Isabela Moner. Date de sortie en salle : 28 juin 2017.« Avant le commencement, il y avait le cube... » ; tels étaient les premiers mots du célèbre Optimus Prime à l'ouverture du premier Transformers. Voilà maintenant 10...
Partagez !