Un film réalisé par Luc Besson. Avec Dane DeHaan, Cara Delevinge, Rihanna, Alain Chabat, Clive Owen et Ethan Hawke. Date de sortie en salle : 26 juillet 2017.

Luc Besson, le réalisateur aux multiples facettes et aux multiples talents. Depuis qu’il opère en tant que réalisateur, il a su tirer son épingle du jeu en faisant un certain nombre de films considérés comme des chefs-d’œuvres tels que Le Grand Bleu, ou encore Leon. Mais après le Cinquième Éléments, notre réalisateur s’est légèrement perdu dans des films moins bons où nous ressentions une certaine perte de la flamme. Cette année, Luc Besson revient sur le devant de la scène avec le projet le plus fou : Valerian et la cité des milles planètes. Faire un film digne des blockbusters Hollywoodiens, avec un budget colossal, et rivaliser avec eux… Pari réussi ?

Valerian et la cité des milles planètes nous raconte l’histoire de deux jeunes soldats spatio-temporels du nom de Valerian et Laureline. Leur but, accomplir des missions aussi importantes que dangereuses, dans le but de préserver le bon équilibre dans l’univers. Mais lors d’une mission, la découverte d’un petit artefact bouleversera la vision de notre équipe sur la cause juste qu’ils défendent. Lorsqu’ils apprendront qu’un peuple disparu depuis 30 ans tente de reprendre ce qu’il leur revient de droit, Valerian et Laureline suivront la voie pour continuer à défendre la justice, même si leur propre espèce devient un ennemi…

Il n’y a aucun doute quant au fait que Valerian est à Luc Besson ce qu’Avatar est à James Cameron. Il ne s’en est jamais caché puisque c’est Avatar qui a prouvé à Luc Besson qu’un projet fou tel que Valerian était désormais possible. Et ce n’est pas rien, puisque Valerian est le film le plus cher de l’histoire du cinéma français avec un budget d’environ 200 millions d’euros. Mais arrive-t-il à rivaliser avec l’expérience Avatar ?

Le premier des problèmes vient du fait qu’il soit sorti après, et donc cette « révolution » n’a plus lieu. Mais restons sur le film principal qu’est Valerian. Ces points mis de côté, il laisse un goût étrange une fois sorti de la salle. On en reste à la fois subjugué et perplexe. Subjugué par la qualité irréprochable du film, mais aussi perplexe par ce qui vient de nous être raconté. Rentrons un peu plus dans les détails.

Valerian

L’histoire de Valerian et la cité des milles planètes n’en est pas une en réalité ; ou tout du moins il n’y a pas « d’histoires » à proprement parlé, mais plutôt une relation. L’histoire principale qui sert à faire avancer le film est très légère et brouillonne. Elle se perd un peu à droite et à gauche, avance très lentement, pour arriver à une fin que tout le monde attend depuis 2 heures. Sur ce point, il est clair que Valerian et la cité des milles planètes est en retrait. Car le film est long. Avec une durée de 2h16, nous pouvions nous attendre à un scénario profond, des enjeux complexes et une finalité inattendue… Hélas, ces trois points ne sont pas remplis. Le fil conducteur ne sert que de guide à la relation des personnages, et il sera aisé de comparer l’espèce extra-terrestre aux Na’vi (notamment dans leur amour pour la nature, mais aussi dans leur geste de salutation en tout point similaire… Serait-ce un clin d’œil ?). De ce fait, l’action se situe sur plusieurs points, mais aucune n’est réellement essentielle et les actes que font nos personnages sont parfois floues. Notamment toute les scènes aux QG des humains qui ajoutent de nombreuses longueurs au métrage. Mais aussi, passé la première moitié du film, suite à l’enlèvement du commander, la seconde partie se perd dans des « quêtes secondaires » pour retrouver Valerian dans un premier temps, puis sauver Laureline dans un second… Et tout ceci n’est pas nécessaire à l’avancement de la trame principale, voire nous la fait perdre pour une bonne quarantaine de minutes. Dommage.

Heureusement, le point fort du film autour de son scénario revient à la relation entre les personnages. Valerian et Laureline sont immédiatement attachants grâce à leur naïveté, mais aussi par leur grande force. Si les dialogues ne sont pas tous excellents, ils sont assez justes pour créer de l’émotion et une certaine empathie envers eux. On notera aussi deux types de personnages secondaires intéressants, comme les 3 créatures « oiseaux-démons » qui sont particulièrement bien trouvés bien que sous-exploités, mais aussi le personnage de Rihanna.

Valerian

En effet, malgré la relation intéressante entre nos personnages principaux, ce n’est pas sur le point scénaristique que Valerian et la cité des milles planètes réussi le pari, mais bien sur son aspect visuel. Le film est littéralement magnifique. Les effets-spéciaux n’ont rien à envier aux meilleurs films Hollywoodiens, mais plus encore, l’univers du film transcende le genre de la science-fiction et c’est sur ce point que Valerian et la cité des milles planètes surpasse bon nombre de ses concurrents. Car le film n’est pas simplement beau à regarder, il nous émerveille par les différents monde présentés, les peuples évoqués, toute cette créativité débordante qui ne demande qu’à être montrée. La première heure d’exposition sera mémorable. La présentation de la création de la cité des milles planètes sur du David Bowie et la chasse sur une planète désertique entre deux univers parallèles posent des bases solides au film.

Et hélas, c’est cette rencontre entre histoire et visuel s’entrechoquant qui ne parvient pas à trouver le bon compromis, et qui casse le rythme du film. Nous voyons clairement que Luc Besson en a encore sous le pied et qu’une infime partie de l’univers a été montrée, là où Avatar avait su poser des limites entre ces deux partis.

Dernier point : la 3D. Là encore, Avatar a ouvert la voie vers l’univers de la 3D… un moyen bien utile pour les producteurs de faire payer une place de cinéma plus cher sans pour autant créer une 3D visible. Valerian est un film qui mérite d’être vu en 3D, car celle-ci est utile, bien faite et justifiée, au point de vous en donner mal aux yeux parfois par sa profondeur étendue. Et pour passer rapidement sur les musiques orchestrales ; les musiques d’Alexandre Desplat font le travail sans pour autant créer un thème qui reste en tête.

Valerian

Si nous pouvions résumer Valerian et la cité des milles planètes en un mot, il serait : EXPERIENCE. Ce n’est pas un film comme un autre. Sa structure scénaristique hachée ne parvient pas à créer une histoire digne de ce nom et nous perd parfois dans des détails pas des plus utiles et un fil conducteur oublié un temps. Mais la relation des personnages vient nous aider à plonger dans son univers. Un univers fabuleux qui transcende le genre et nous permet, en l’espace de 2 heures, de voyager à travers la cité des milles planètes. Une œuvre riche qui n’a rien à envier à ses concurrents Hollywoodiens.

7/10

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Un film réalisé par Luc Besson. Avec Dane DeHaan, Cara Delevinge, Rihanna, Alain Chabat, Clive Owen et Ethan Hawke. Date de sortie en salle : 26 juillet 2017.Luc Besson, le réalisateur aux multiples facettes et aux multiples talents. Depuis qu'il opère en tant que réalisateur, il a su tirer son...
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